Mes Sources

LE LIVRE DU KUNG FU de Mickael Minick Edition Flammarion de 1975 Paris

KUEN-TAO KUNG FU de Argimiro Gonzales Edition Editorial Alas Barcelona 1987

Pourquoi le Kung Fu

Il y a dix ans, il était presque impossible pour un Caucasien d’apprendre le Kung Fu
aux Etats-Unis, non pas parce que les écoles manquaient (il y en avait des dizaines), mais
parce qu’elles étaient fermées à tous ceux qui n’étaient pas chinois. Ces dernières
années cet état de choses s’est atténué avec le relâchement des liens familiaux et
culturels, et quelques maîtres de Kung Fu ont ouvert leurs écoles au public. La plupart
des écoles restent cependant encore fermées aux « étrangers >>. En Chine, le
changement est plus important. De sérieuses réussites sur les plans industriel et
technologique et une certaine résurgence de la fierté nationale ont donné aux Chinois
davantage envie de démontrer leurs réussites culturelles au reste du monde. Il serait
vain et ridicule de croire que le Kung Fu ou tout autre système de santé peut
miraculeusement tout guérir. Il a, bien entendu, ses limites. Les Exercices de l’Art
Ancien n’ont eu aucun effet sur l’empoisonnement ou sur des maladies comme le cancer,
la sclérose en plaques, les glaucomes, le ramollissement cérébral. Toutes les guérisons
que nous avons mentionnées concernent des maladies chroniques en rapport avec les
nerfs, un état émotionnel, une faiblesse structurelle. Mais dans ce domaine, les
résultats ont été vraiment spectaculaires. Si vous souffrez d’un mal chronique tel que
l’asthme, l’ulcère ou les rhumatismes dans le dos, vous pouvez espérer un certain
soulagement après plusieurs mois d’exercices. Si vous êtes portés à l’angoisse ou si
vous rencontrez des difficultés à vous détendre, ces exercices sont de meilleur marché
que le divan d’un psychanalyste.

La Médecine chinoise

Pour la médecine chinoise, prendre le pouls ne consiste pas seulement, comme en
Occident, à compter les battements du cœur. Cela comprend une prise de pouls
différente pour chaque organe individuel. Les Chinois croient et ont prouvé, à leur grande
satisfaction, que chaque organe du corps, et pas seulement le cœur, a son propre pouls.
La force et la qualité du pouls déterminent le degré de perfection (ou d’imperfection)
de l’organe. Selon le rapport du docteur Ronald Chen « Résumé des moyens traditionnels
de guérison en Chine » il existe vingt-huit degrés de pouls différents qui selon leur force
et leur qualité révèlent la nature exacte de toute maladie, et permettent de découvrir
l’organe qui fonctionne mal. Par exemple on associe à un pouls « beaucoup trop rapide »
des désordres gastriques et intestinaux, tandis qu’un pouls très lent est le signe d’un
foie malade. Le médecin chinois prend le pouls en plaçant trois doigts sur l’artère radiale
de chaque avant-bras.
Selon le degré de pression qu’il exerce, il obtient différentes réponses de l’organisme,
telles que les pouls très rapides et très lents que nous venons de citer. De la même façon
il prend le pouls à l’artère de la jambe et à celle du cou. Cette sorte de diagnostic exige
un sens du toucher extrêmement développé. En Chine, la formation du médecin commence
dès l’enfance, les connaissances nécessaires étant le plus souvent transmises par un
parent lui-même médecin. L’entraînement au diagnostic est une partie fondamentale
d’une médecine que l’on a affinée et qui a prouvé son efficacité pendant des millénaires
de médecine chinoise traditionnelle. Aujourd’hui, même les médecins occidentaux ne
mettent plus en doute son efficacité. Il n’y a, après tout, aucune raison qu’il n’existe
pas plus d’une méthode de diagnostic efficace.

Les 6 conditions de la santé

Pour en revenir au diagnostic, il n’est pas nécessaire de rendre visite à un médecin chinois
pour savoir si tout va bien. Vous pouvez vous faire une assez bonne idée de la santé dans
laquelle vous êtes en faisant le test suivant. Reformulé à l’intention des Occidentaux par
le très grand médecin japonais Sakurazawa Nyoti (la plus grande partie de la culture
physique et des pratiques médicales japonaises sont d’origine chinoise), le test est fait
de six questions vitales. Si vous répondez par l’affirmative à toutes ces questions, vous
avez le corps et l’esprit en parfaite harmonie. Même si vous devez vous efforcer de
parvenir à cet état idéal, image de la grâce absolue, ne vous faites pas trop d’illusion.
Nyoti prétend que d’après les normes que nous utilisons couramment, celui qui répond
par l’affirmative à 40 pour 100 est relativement en bonne santé même s’il est loin de
son maximum. Les trois premiers critères concernent la forme physique et valent dix
points chacun. Les quatrième et cinquième sont d’ordre psychologique et vous pouvez
leur attribuer vingt points à chacun. Le sixième, également d’ordre psychologique vaut
trente points. Maintenant, honnêtement, quel est votre score ?

1) IGNOREZ-VOUS LA FATIGUE ?

La fatigue est un avertissement du corps : celui-ci se défend contre la maladie ou
quelque chose qui ne va pas bien. Les gens en bonne santé ne se sentent jamais
fatigués.
Pour eux le travail est source de joie, les situations difficiles sont un défi permanent
et ils accueillent les problèmes comme autant d’occasions nouvelles de faire preuve
d’ingéniosité pour les surmonter.
Toujours impatients de mener les choses à bien, ils ignorent l’ennui, qui n’est qu’une
forme déguisée de la fatigue. Le moindre petit problème leur donne par conséquent
l’occasion de dépenser une énergie énorme et de manifester leur enthousiasme pour la
vie

2) DORMEZ-VOUS PAISIBLEMENT ?

L’homme ou la femme qui possède l’énergie dont nous venons de parler dort
paisiblement et profondément et se réveille totalement frais et dispos après six
heures de sommeil.
De plus cette même personne s’endort la tête à peine posée sur l’oreiller, quelles que
soient les circonstances.
Parler pendant son sommeil n’est pas bon signe, de même que rêver de choses
troublantes et violentes.
Pour finir, on doit être capable de s’éveiller à une heure prédéterminée en la
visualisant simplement juste avant de se coucher.
Si vous ne remplissez pas ces conditions fondamentales, vous avez un problème de
santé important auquel il faut remédier.

3) AVEZ-VOUS BON APPETIT ?

Tout individu doit pouvoir se régaler des mets les plus simples. Vous devez trouver bon
tout ce que vous mangez et en être satisfait pour autant que cela ait été préparé
sainement.
Les gens en bonne santé doivent savoir à la fois régler leur appétit et éviter les abus.
Ils ne sont naturellement pas trop gros et leur poids ne varie pas de plus de quelques
livres selon les saisons.
Des besoins sexuels normaux sont également un signe vital de bonne santé et
d’harmonie interne. Un homme ou une femme ayant de faibles besoins sexuels ou
retirant peu de satisfaction de sa vie sexuelle contrarie la nature.

4) ETES VOUS DE CARACTERE FACILE ?

Perdre rapidement patience, se montrer cruel ou sarcastique, être avare de
compliments à l’égard de son prochain, être rancunier, manquer d’enthousiasme, c’est
ne pas être ouvert à ses semblables. L’individu en bonne santé garde en permanence
une certaine faculté d’admiration et même d’émerveillement pour le monde qui
l’entoure. Il parvient à un équilibre physique et mental qui lui permet de faire face aux
situations les plus difficiles avec bonne grâce et bonne humeur. Il est même indulgent
dans ses critiques à l’égard d’autrui, et s’efforce d’apprendre autant de ses ennemis
que de ses amis

5) AVEZ-VOUS UNE BONNE MEMOIRE ?

La mémoire est l’élément de base sur lequel nous construisons notre vie quotidienne.
Une mémoire défaillante est le signe d’un déclin de la santé et d’une instabilité
émotionnelle. Au contraire, plus votre mémoire est fidèle, meilleure est votre santé. La
mémoire nous fournit chaque jour objectif et direction à suivre. Sans elle, l’homme est
semblable à un saphir qui passerait sur un disque rayé. Sans direction donnée, tous nos
efforts physiques et mentaux ne sont que gaspillage et détérioration. Au contraire,
plus on se sou- vient, mieux on se sent. Contrairement à la croyance populaire, la
capacité de mémorisation doit se développer et non diminuer avec l’âge.

6) PENSEZ-VOUS ET AGISSEZ-VOUS AVEC PRECISION ?

La survivance d’un individu dépend de sa capacité à juger rapidement d’une situation et à agir en conséquence avec diligence et célérité. Si vous traversez la rue et que survient une voiture, ou si quelqu’un vous lance un objet quelconque à la figure, votre réaction doit être automatique, et vous ne devez pas hésiter une seconde. Si vous vous révélez
incapable de réagir à l’environnement, il se pourrait que très vite l’environnement n’ait
plus à vous répondre ! Enfin, c’est la précision de la pensée, associée à la mémoire, qui
permet à l’homme d’organiser son existence et d’établir des rapports harmonieux avec
ce qui l’entoure. Ainsi donc, ce sont des critères vieux comme le monde que les médecins
orientaux appliquent à leurs patients depuis des milliers d’années. Et les visiteurs de la
Chine sont toujours très frappés de l’unité, de l’intelligence, de l’énergie, et de
l’enthousiasme des Chinois. Cela est vrai en dépit du fait qu’ils ont un niveau de vie
inférieur aux pays occidentaux moins de nourriture, moins de vêtements, moins de
distractions et autres commodités de l’existence. On peut expliquer la différence entre
le peuple chinois et les peuples occidentaux de deux façons : la confiance dans le nouveau
et l’extension de la médecine dans tout le pays. L’essentiel de la médecine moderne en
Chine est incontestablement la médecine préventive, et dans le succès de cette médecine
moderne, les Exercices de l’Art Ancien se taillent la part du lion. Depuis que le régime
communiste a institué les exercices de masse, on a noté un accroissement important de
la morale et de l’efficacité des travailleurs. Cette institution des exercices collectifs a
rencontré l’adhésion enthousiaste des masses dans tout le pays

Histoire du Kung Fu

Le Kung Fu-Wu Su est la plus ancienne forme des arts martiaux, art martial à l’origine,
on en tira des exercices thérapeutiques et des progrès médicaux. De très anciens
documents indiquent que le célèbre Empereur Jaune (Huang Ti) fut le premier à utiliser
le Kung Fu au cours d’une bataille en 2674 avant Jésus-Christ ; certains maîtres Kung
Fu prétendent pourtant que les origines de ces exercices sont antérieurs à cette bataille
de plusieurs centaines d’années. Depuis lors, les exercices ont été progressivement
modifiés jusqu’à leur forme actuelle ; quelques dates importantes ont marqué leur
évolution. L’histoire du Kung Fu a connu deux époques particulièrement importantes. La
première se situe aux alentours de 600 avant Jésus- Christ lorsque Lao Tseu écrivit diton le Tao-Te Ch’ing, ouvrage qui énonce les principes de la sagesse du taoïsme. Système
plus philosophique que religieux, le taoïsme est un moyen de parvenir à un état de plus
grande conscience avec pour principe que c’est la nature qui guide toute chose. Kung Fu
et taoïsme connurent des développements parallèles. La philosophie des guerriers Kung
Fu avait ses racines dans le taoïsme.L’un et l’autre devinrent des systèmes qui comprenaient des techniques de respiration,
de méditation, des exercices thérapeutiques, des techniques médicales et de l’alchimie.
Les moines taoïstes devinrent des adeptes de toutes les formes de combat, avec ou sans
sabre. Au même moment, les pratiquants du Kung Fu prirent à cœur la philosophie taoïste
et ses exercices. Bien qu’on n’en ait pas la certitude, il est plus que probable que c’est
à cette époque qu’entra en vigueur le code Kung Fu qui consiste à protéger les faibles et
à punir les méchants. L’autre date importante de l’histoire du Kung Fu se situe environ
1000 ans plus tard. A un certain moment, entre 506 et 556 après Jésus-Christ, arriva
de l’Inde le moine bouddhiste Ta Mo. On pense que c’est lui qui apporta le bouddhisme
Zen en Chine. Les origines exactes de Ta Mo sont obscures mais les tableaux le
représentent chinois. Selon toute vraisemblance il était à la fois un envoyé de Dieu et un
adepte du Kung Fu qui alla faire un pèlerinage en Inde. Lorsqu’il revint avec ses
enseignements nouveaux, il s’établit dans le temple Shaolin en Chine du Nord. C’est à
partir de là que le bouddhisme Zen s’étendit à toute la Chine et finalement au Japon. Ta
Mo est connu pour l’influence qu’il avait non seulement sur les esprits et les âmes de
millions de gens mais aussi sur leurs corps. Il avait remarqué que ses nouveaux disciples
un peu frêles s’en- dormaient fréquemment pendant ses conférences. C’est pourquoi il
leur apprit dix-huit séries d’exercices, persuadé qu’un corps plus fort les rendrait non
seulement plus attentifs mais également plus proches de leur âme, ce qui est très voisin
du but recherché par le Hatha Yoga. Mais Ta Mo ne croyait pas aux techniques indiennes.
A la place, il utilisa, modifia et mit à jour les exercices Kung Fu couramment pratiqués
depuis des millénaires par les maîtres du Kung Fu. Ses disciples furent tellement
enthousiastes que Ta Mo mit davantage d’exercices Kung Fu à leur programme quotidien.
En quelques années le temple Shaolin devint célèbre pour son développement du Kung Fu
comme pour sa nouvelle doctrine Zen. Son importance était telle que les plus éminents
spécialistes du Kung Fu venaient au temple pour y travailler. Les travaux de Ta Mo
constituent la première codification et la première étude scientifique du Kung Fu. Avant
cela rien n’avait été écrit ou organisé. Les techniques avancées étaient jalousement
gardées et transmises de maître à disciple. Les exercices de Ta Mo connus sous le nom
de « Boxe des moines en dix-huit leçons >> n’avaient à l’origine pour seul objectif que la
protection de la santé, mais ils inclurent bientôt le Kung Fu en général. 

Evolution

Il était naturel que l’apparition de Ta Mo et de l’Ecole Shaolin conduisit à des
divergences de vues et éventuellement à des méthodes différentes. Deux directions
essentielles allaient dominer le Kung Fu – l’Ecole dite « dure » ou Externe et l’Ecole dite
«< douce » ou Interne. Mais il ne faudrait pas déduire de ces termes que ces deux écoles
étaient totalement opposées. En fait, les techniques « douces » utilisent un peu de
rudesse et vice versa. Cependant l’Ecole « dure » est essentiellement caractérisée par
le rythme, les sauts, les coups de pied, la vitesse et la puissance. L’Ecole « douce », qui
se développa environ huit cents ans plus tard, est caractérisée par des mouvements lents
et gracieux se fondant les uns aux autres par le contrôle de l’esprit davantage que par
les exploits physiques, et par sa promptitude à contrer la puissance. L’Ecole « dure »
peut-être assimilée aux mouvements rythmés de la culture physique tandis que l’Ecole
<< douce » serait plutôt comparable aux mouvements gracieux d’un ballet. Assez
curieusement, les dix-huit exercices originaux de Ta Mo firent partie de l’Ecole « douce
». Il est étrange que ce soit à partir de ces exercices que se développa l’Ecole « dure »
qui domina complètement le Kung Fu jusqu’à ce que le Tai Chi Chuan et ses arts voisins
voient le jour cinq cents ans plus tard. Cela ne veut pas dire que les exercices de Ta Mo
tombèrent en désuétude. Chaque novice, quelle que soit l’Ecole à laquelle il appartenait,
devait les apprendre, n’aurait-ce été que pour retrouver une bonne santé.
Pendant ce temps, l’Ecole Externe (dure) était à son apogée. On estime à trois cent
soixante le nombre d’exercices de self-defense qui furent créés à partir de la théorie
de base du temple Shaolin.
En voici quelques exemples : Griffes d’Aigle. Cet art martial tire son nom de la manière
dont le pratiquant tient très souvent ses mains. Il est de plus caractérisé par des sauts
particulièrement hauts, des coups de pied et autres mouvements aériens. On pense
généralement que le créateur de ce style est le célèbre général et patriote Yueh Fei, qui
vécut de 1103 à 1141 après Jésus-Christ.

Les exercices

– La relaxation

– La respiration profonde

– La concentration

– La grace

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